famille, point compté, scrapbooking, aquarelle, peinture, généalogie, nature, sorties, voyages, mon blog est le fourre-tout de ma vie de tous les jours
18 Décembre 2007
Après la visite de l'exposition "Quand Versailles était meublé d'argent" dans les grands Appartements, nous avons traversé la galerie des glaces. Et, non, je ne me suis pas fait prendre en photo
devant le trône de Louis XIV !
Nous avons aussi traversé le Salon de Diane. Sous le règne de Louis XIV, les rideaux étaient badigeonnés de fleur d'oranger. C'est pourquoi des vases à orangers qui se trouvaient dans la galerie
des glaces avaient été exposés là. Dans cette salle, se trouvent un buste de Louis XIV jeune par Le Bernin et un tableau de Lebrun représentant "la famille de Darius aux pieds d'Alexandre Le
Grand" Ce tableau représente les passions : la colère, la peur, l'étonnement....
Puis nous sommes passés dans le Salon de Mercure. Ici commençait la magnificence de l'appartement. Le Roi y donnait des audiences à caractère privé. Les courtisans étaient séparés du lit du roi
par une balustrade. Là encore, des torchères et des appliques en argent reflétaient les lumières.
Puis la salle du trône. Avant c'était la chambre à coucher du roi. Dans les quatre coins, au plafond étaient peints les 4 continents. Comme le soleil, le Roi régnait sur le monde ! Le portrait de Louis XIV a été peint en double par
Rigaud. Louis XIV avait commandé ce portrait pour l'offrir à son petit-fils Philippe, roi d'Espagne. Mais Louis XIV fut si content de ce tableau qu'il le garda, le fit installer dans la
salle du trône et en fit faire un deuxième qu'il envoya à Madrid. Il y a donc deux tableaux de Rigaud qui ne sont pas des copies !
Enfin la galerie des glaces. Rénovée. Le trône, tout au fond de la salle. Devant, ont été placées des silhouettes argentées des objets qui se trouvaient de chaque côté des 9 marches pour accéder
au trône. Le Roi rayonnait tout en haut de ce trône, comme un ostensoir ! Dans cette salle, le roi a reçu trois ambassadeurs étrangers : le doge de Gênes en 1685, l'ambassadeur du Siam en 1686 et
l'ambassadeur de Perse en 1715, quelques mois avant sa mort.
Ces réceptions étaient relatées dans le "mercure galant" ainsi que la description des salles, des tableaux et des statues du château ("Les fastes de la galerie des glaces" recueil d'articles du
Mercure galant, présenté et annoté par Stéphane Castelluccio)
Claude Bougrain, curé de fontaine Simon, près de la Loupe, fils de mon ancêtre Jean Bougrain a raconté cette visite dans le registre paroissial : "Le 7 è février 1715, Méhémed Rizabeg, Intendant de la province d’Erivan en Perse,
Ambassadeur pour le Roy Hussein de Perse, a fait son entrée à Paris et le mardy 19 dudit mois il a fait son entrée à Versailles. Jamais la Cour n’a été plus laiste et jamais il n’y a eu plus de
monde à Versailles."
(Méhémet Riza Beg était un personnage imbu de lui-même, coléreux et peu diplomate. Le voyage de Riza Beg de Perse jusqu’en France fut long et difficile. Les présents furent emballés dans des balles de soie sur un navire français en partance pour Marseille Le cortège persan arriva à Paris le 7 février puis se rendit de Paris à Versailles le 19 février. La réception fut grandiose mais l’on raconte que le Roi-Soleil fut déçu de la faible importance des présents : 106 petites perles,180 turquoises, deux petites boîtes d’or et de la baume de Mumie. Certains dirent même que cet ambassadeur était un imposteur. La négociation du traité franco-persan fut ralentie du fait de la maladie de Louis XIV. L’ambassadeur se trouva vite à court d’argent et ne trouva aucun prêteur. Il alla donc à Amsterdam où des marchands arméno-persans financèrent l’ambassade. Louis XIV demanda à l’ambassadeur qu’il intervienne auprès du Chah en faveur des religieux français « souvent maltraités dans cette contrée ». Le traité fut signé et un Consulat de Perse à Marseille fut créé. Le Consul fut Hagopdjan.