Rédigé par bluesy et publié depuis
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Le 22 mars, commençaient ce qu'on a appelé les événements de mai 68. Je ne vais pas vous faire un cours d'histoire car il va sans doute y avoir pléthore d'émissions et d'articles dans les journaux.
Mais vous, vous souvenez-vous de mai 68 ?
J'avais 22 ans à l'époque et j'étais prof de français dans une toute petite ville du Gâtinais. Nous avons fait grève pendant environ un mois. Mais ce n'était pas jours de congé pour autant ! Tous
les matins, les profs et les instits se réunissaient dans une salle de classe pour discuter. Parfois, nous allions aux réunions générales à Orléans. Il y avait aussi des manifs, à Orléans et dans
notre toute petite ville, oui, oui, avec défilé ! Les bruits les plus farfulus couraient : drapeau rouge sur le toit de la mairie, manifestants empêchant les gens d'entrer à la banque... certains
commerçants refusaient de nous servir ou nous faisaient grise mine. On n'avait pas beaucoup d'argent (c'était l'époque où mon mobilier se composait d'un vieux lit, d'une armoire en tissu
plastifié, de la table de ma grand-mère, d'un tourne-disques et du couvercle d'une vieille machine à laver en guise de table basse, et puis un poêle à fuel et un réchaud camping-gaz deux feux. Mais
j'avais une 4L blanche flambant neuve ! Bref, là, avec ma copine, on avait encore moins d'argent, alors on se faisait des pâtes et pour les aromatiser, au lieu de beurre, on faisait griller
des oignons. Une fois, on a pris ma 4L et nous sommes allées nous ravitailler chez les parents. Mais nous étions célibataires et croyions aux temps nouveaux.
Il faut dire que la condition des filles et des femmes était un peu étriquée : interdiction d'enseigner sans blouse et en pantalon, il fallait faire attention à la coiffure (à l'école
normale, les couettes, les nattes, les cheveux longs, les cheveux trop courts, les chignons banane étaient interdits, le chignon bas était recommandé !), interdiction de sortir jambes nues.
C'éatit le temps des gaines et des trucs qui serraient.
Il y a sans doute eu des débordements, mais je suis persuadée que, sans mai 68, notre vie ne serait pas la même, surtout à nous les femmes.
Voilà, c'était ma petite histoire de mai 68.
Et vous ?