je suis revenue pas mal secouée par "Le temps qu'il reste"; un film du cinéaste palestinien Elia Suleiman.
Cela commence en 1948, à Nazareth, proclamation de l'état d'Israël. C'est le récit en partie autobiographique d'Elia Suleiman, c'est l'histoire de sa famille, de son père Fuad, plusieurs fois
arrété. Les séquences suivantes se passent en 1970, 1980, et actuellement à Ramallah. C'est aussi l'histoire du conflit israëlo-palestinien.
Le film est une succession de séquences intimistes, le silence est omniprésent mais jamais angoissant. Le temps qu'il reste, le temps qui passe...
Il y a des séquences terribles mais traitées de façon burlesque, sans que l'on ait envie de rire ... Fuad, le père est emmené dans un jardin d'oliviers, endroit bucolique, reposant, mais où les
prsionniers palestiniens sont agenouillés, les yeux bandés, attendant peut-être là leur exécution. Comme Fuad est très grand, le soldat israélien ne peut lui attacher le bandeau. Il va donc
chercher une pierre, monte dessus posément et attache le bandeau. Ensuite, il y a une scène très dure de tabassage du prisonnier, jeté par-dessus le muret. Mais il en réchappe et on le revoit
quelques scènes plus tard, malade, les cheveux blanchis.
Une autre scène aussi : un étudiant sort de chez lui pour mettre un paquet à la poubelle, son portable sonne et il entame une discussion tout en allant et venant dans la rue sous l'oeil du canon
d'un tank, canon qui va et vient au gré des allées et venues du jeune.
Comique de répétition aussi , on voit plusieurs fois la scène où le voisin de Fuad s'asperge d'essence et n'arrive pas à craquer son allumette, Fuad arrive, éteint sa cigarette à quelques mètres du
voisin, lui enlève le paquet d'allumettes et le ramène chez lui. tout cela, très lentement....
Une scène aussi plusieurs fois répétées : le gamin, Elia, ramène de chez sa tante une assiette de lentilles, et la met à la poubelle.
La scène de la bande annonce est aussi plusieurs fois répétées : Elia gamin, Elia ado se fait gronder par le directeur de l'école car il dit que l'Amérique est impérialiste
A l'hôpital on amène un blessé , poursuivi par la police. Nous, les spectateurs, nous sommes dans la rue et nous voyons le couloir de l'hôpital où les soldats et les infirmiers se poursuivent pour
récupérer le blessé...
C'est drôle et triste à la fois. Et je me dis une fois de plus que la guerre c'est vraiment moche 'est un film que j'aimerais revoir. Si vous ne l'avez pas vu, allez-y. Nous n'étions que 7 dans la
salle...
Et si vous avez vu ce film, qu'en avez-vous pensé ?
Demain, nous irons voir "larmée du crime"....
si vous voulez voir des extraits, c'est ICI
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et un résumé du film, plus complet que le mien ICI
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